Le Chasseur d’Hommes
By Daphne Loubser
Par l’Afrique et l’Asie, dans la nuit profonde,
Une ombre dorée glisse et vagabonde.
Le léopard avance, noble et silencieux,
Ses rosettes noires marquent son regard périlleux.
Le plus secret de tous les félins puissants,
Grimpe aux arbres avec l’agilité d’un enfant.
De ses mâchoires fortes et muscles de fer,
Il hisse sa proie au-dessus de la terre.
Là-haut, dans les branches, il festoie en paix,
Loin des hyènes et des bêtes des forêts.
Sa réserve balance entre feuilles et lumière,
Gardée par la force d’un roi des lianes légères.
Des neiges russes aux sables du désert,
Les léopards rôdent, libres et fiers.
Neuf sous-espèces ont trouvé demeure,
Là où d’autres félins trouvent malheur.
Souple, adaptable, maître des lieux,
Il prospère en montagne, en bois ombrageux.
Le léopard de l’Amour, le plus rare de tous,
Cent âmes à peine saluent l’hiver si doux.
Dans les forêts de Chine, profondes et glacées,
Ces fantômes tachetés cachent leurs pensées.
Tandis que l’Africain encore survit,
Nous œuvrons sans relâche pour garder sa vie.
Chasseurs solitaires des heures sombres,
Ils s’effacent sitôt que l’aube encombre.
Par cris rauques, ils marquent leur royaume,
Et gardent leur fief comme un trône.
Le chat fantôme des légendes anciennes,
Sa beauté jamais ne s’éteint, ni ne s’enchaîne.